Coaching et thérapie en même temps : bonne ou mauvaise idée ?

Coaching et thérapie en même temps : bonne ou mauvaise idée ?

Vous êtes en thérapie depuis quelques mois, et vous vous demandez si un coaching pourrait accélérer ce que vous traversez. Ou vous êtes en coaching, et vous sentez que quelque chose de plus profond mériterait d’être exploré avec un thérapeute. Ou vous ne savez pas encore lequel choisir et vous vous demandez si on peut faire les deux.

La question du coaching et de la thérapie en même temps est l’une des plus fréquentes dans le domaine du développement personnel, et l’une des moins bien traitées. Les réponses vont souvent dans un sens ou dans l’autre, avec des positions tranchées. La réalité est plus nuancée.

Dans cet article, je vous donne une réponse honnête, basée sur ce que font vraiment ces deux approches et dans quelles situations les combiner est une bonne idée, et dans lesquelles ça ne l’est pas.

L'essentiel en 30 secondes

  • Coaching et thérapie ne font pas le même travail : les combiner peut être puissant si chacun reste dans son rôle
  • La thérapie soigne et explore le passé. Le coaching accompagne vers l’avenir et transforme la compréhension en action
  • Faire les deux en même temps est possible, à condition d’en informer les deux professionnels
  • Dans certains cas, il vaut mieux commencer par la thérapie avant le coaching : burnout sévère, traumatisme récent, dépression
  • Le coaching peut aussi déclencher une envie de thérapie : c’est un signe que l’accompagnement travaille bien

Coaching et thérapie : ce qu'ils font vraiment chacun

La métaphore de l'arbre

La coach et auteure Paule Terreaux propose une image particulièrement juste pour distinguer les deux approches. En coaching, on travaille sur des objectifs concrets, à l’image des fruits de l’arbre. En thérapie, l’ambition est de se transformer soi-même, de faire évoluer l’arbre et ses racines pour obtenir de meilleurs fruits. La distinction n’est donc pas tant une question de passé versus avenir, mais de profondeur d’intervention.

Ce que fait le coaching

Le coaching part de là où vous êtes aujourd’hui pour vous aider à aller là où vous voulez aller. Il travaille avec vos ressources existantes, identifie vos blocages conscients, clarifie vos objectifs et vous met en mouvement par des actions concrètes. Il est limité dans le temps (quelques mois en général), orienté vers des résultats mesurables, et demande votre implication active entre les séances. Pour aller plus loin sur ce que le coaching fait concrètement, j’ai développé ce sujet dans mon article « À quoi sert vraiment un coach de vie ?« .

Ce que fait la thérapie

La thérapie, qu’il s’agisse de psychothérapie, de TCC, d’EMDR, de psychanalyse ou d’autres approches, explore les mécanismes psychiques profonds, les expériences passées qui continuent d’agir dans le présent, les traumatismes et les blessures émotionnelles. Son objectif n’est pas d’atteindre un résultat précis mais de soigner, de transformer, d’intégrer. Elle n’a pas de durée fixe et peut s’étendre sur plusieurs années selon les besoins.

La différence fondamentale

Comme le formulent plusieurs spécialistes du domaine : la thérapie permet de passer de dysfonctionnel à fonctionnel. Le coaching permet de passer de fonctionnel à optimal. Ce n’est pas une hiérarchie. C’est une différence de point de départ. Si vous êtes en souffrance psychologique, c’est la thérapie. Si vous êtes stable et voulez avancer vers quelque chose, c’est le coaching. J’ai développé cette distinction en profondeur dans mon article sur la différence entre coach de vie et psychologue.

Quand faire coaching et thérapie en même temps : les cas où ça fonctionne

Complémentarité du coaching et de la thérapie

Faire les deux en même temps n’est pas seulement possible : dans certaines configurations, c’est la combinaison la plus puissante. Voici les situations où cela fonctionne bien.

Quand les deux travaillent sur des niveaux différents

La combinaison est efficace quand chaque professionnel reste dans son registre : le thérapeute explore les racines, le coach accompagne les actions concrètes. Par exemple, une personne qui travaille en thérapie sur des blessures d’enfance et en coaching sur une reconversion professionnelle : les deux ne se marchent pas dessus. Ils se complètent en travaillant sur des niveaux différents de la même vie.

Quand la thérapie ouvre des portes que le coaching aide à franchir

C’est l’un des schémas les plus courants et les plus fructueux : la thérapie libère quelque chose, crée une prise de conscience, une ouverture. Mais la transformation reste dans le registre de la compréhension sans se traduire en actions concrètes. Le coaching vient alors comme un pont entre ce qui a été compris et ce qui est mis en place. Il transforme la lucidité en mouvement.

Quand le coaching réactive ce que la thérapie peut ensuite traiter

Aurelie Foucart, coach et auteure, le note dans ses travaux : il arrive que le coaching fasse remonter des blessures que la personne souhaite ensuite résoudre en thérapie. Ce n’est pas un dysfonctionnement du coaching. C’est un signe que le travail est allé chercher quelque chose de profond. Dans ces cas, les deux accompagnements se nourrissent mutuellement, l’un libérant ce que l’autre peut ensuite intégrer.

La condition sine qua non : informer les deux professionnels

C’est le point le plus important si vous décidez de faire les deux en même temps : dites-le à chacun. Votre thérapeute doit savoir que vous êtes accompagné par un coach. Votre coach doit savoir que vous êtes suivi par un thérapeute. Non pas pour qu’ils se coordonnent nécessairement, mais pour que chacun adapte son positionnement et ne cherche pas à aller là où l’autre travaille déjà. Cette transparence est la condition d’une complémentarité saine.

A retenir

Coaching et thérapie ne sont pas en concurrence. Ils travaillent sur des dimensions différentes de la même personne. La vraie question n’est pas « l’un ou l’autre » : c’est « lequel, quand, et dans quel ordre » selon là où vous en êtes.
Vous vous demandez si le coaching est adapté à votre situation ? Découvrez mon approche de coaching de vie.

Quand commencer par la thérapie avant le coaching

Il existe des situations où engager un coaching sans thérapie préalable est prématuré, voire contre-productif. Les voici clairement.

En cas de burnout sévère

Paule Terreaux, qui accompagne de nombreuses personnes en sortie de burnout, est explicite sur ce point : « quand le burnout est sévère, il faut du temps. Le choix du coaching est souvent prématuré. » En phase aiguë d’épuisement, le corps et le système nerveux ont besoin de repos et de soins, pas d’objectifs et de plans d’action. Le coaching dans cet état peut devenir une obligation supplémentaire qui aggrave l’épuisement. Il intervient utilement dans un second temps, une fois la phase critique traversée. Pour aller plus loin sur ce sujet, mon article sur le burn-out et le coaching de vie détaille comment le coaching accompagne la reconstruction post-burnout.

En cas de traumatisme récent non traité

Un traumatisme récent, deuil, accident, violence, rupture brutale, demande d’abord un espace thérapeutique sécurisé. Le coaching, orienté vers l’action et les résultats, n’est pas conçu pour travailler avec des états traumatiques actifs. Aller trop vite vers les objectifs peut créer une pression qui n’aide pas et peut même réactiver la détresse sans cadre pour la contenir.

En cas de dépression ou d'anxiété sévère

La dépression et l’anxiété chronique sévère sont des pathologies qui nécessitent un suivi médical et/ou psychothérapeutique. Le coaching ne soigne pas : il accompagne. Demander à quelqu’un en état dépressif de « passer à l’action » et de « tenir ses engagements » entre les séances peut aggraver le sentiment d’échec et la culpabilité. Un médecin ou un psychologue est la priorité.

Un bon signe à repérer

Comment savoir si vous êtes prêt pour le coaching ? Une question simple : est-ce que je suis en état de m’impliquer activement dans un processus de changement ? Si la réponse est oui, même avec des doutes, le coaching peut être là. Si vous avez besoin d’abord d’être entendu, soigné, stabilisé, commencez par la thérapie. Les deux n’ont pas à s’exclure dans le temps, mais l’ordre compte.

Quand commencer par le coaching avant (ou sans) thérapie

Quand commencer par le coaching avant (ou sans) thérapie ?

À l’inverse, il existe des situations où le coaching est la réponse adaptée, avec ou sans thérapie en parallèle.

Quand vous êtes stable et prêt à avancer

Vous n’êtes pas en souffrance psychologique profonde, mais vous êtes bloqué, vous manquez de clarté, vous voulez changer quelque chose dans votre vie sans savoir par où commencer. Vous avez un objectif en tête mais pas les outils pour y aller. Vous venez de traverser une période difficile et vous êtes prêt à reconstruire. Dans ces cas, le coaching est non seulement suffisant mais c’est l’approche la mieux adaptée.

Quand la thérapie a déjà posé les fondations

Beaucoup de personnes qui viennent en coaching ont déjà fait un travail thérapeutique. Elles ont compris leurs mécanismes, elles connaissent leurs schémas, elles ont intégré certaines blessures. Ce qu’elles cherchent maintenant : transformer cette compréhension en action concrète. C’est précisément là que le coaching est le plus puissant. Comme le formule un spécialiste de la reconversion : « le coaching réactive et fait remonter des blessures que vous souhaitez ensuite résoudre en thérapie », mais dans l’autre sens, les fondations thérapeutiques préalables donnent au coaching un terreau solide pour aller plus loin plus vite.

Quand vous sortez d'un échec ou d'une période difficile

Après un licenciement, une rupture, un projet qui n’a pas abouti : si vous êtes stable émotionnellement et prêt à reconstruire, le coaching peut vous aider à reconstruire différemment. Sans reproduire les mêmes schémas, avec plus de clarté sur ce que vous voulez vraiment. J’ai développé ce type de situation dans mon article sur comment reprendre confiance en soi après un échec ?

Ce que dit concrètement la pratique

Dans ma pratique de coaching, plusieurs situations récurrentes illustrent comment coaching et thérapie coexistent dans la vie réelle de mes coachés.

  • Ceux qui font les deux et en parlent ouvertement : Ce sont souvent les personnes qui tirent le plus de valeur du coaching. Elles ont un espace thérapeutique pour aller en profondeur, et le coaching pour construire concrètement. Elles arrivent en séance avec de la matière, des prises de conscience déjà amorcées en thérapie, et nous pouvons aller directement vers ce qui bouge et ce qui reste à mettre en place.
  • Ceux qui viennent en coaching et réalisent qu’il y a quelque chose de plus profond à explorer : Il arrive que le coaching fasse remonter quelque chose que la personne n’avait pas encore mis en mots. Un schéma plus ancien. Une blessure sous-jacente. Dans ces cas, je propose naturellement une orientation vers un professionnel de la thérapie, non pas parce que le coaching a échoué, mais parce que ce qui émerge mérite un cadre différent. Les deux approches ne sont pas en concurrence : elles se passent le relais.
  • Ceux qui commencent le coaching et décident de démarrer une thérapie après : C’est aussi un signe que le coaching fonctionne. Il a créé un espace de lucidité qui a permis à la personne de voir quelque chose qu’elle n’aurait peut-être pas vu sans lui. Le coaching a fait son travail : mettre en lumière. La thérapie prend ensuite le relais pour soigner ce qui a été révélé.
  • Coaching et thérapie en même temps : bonne ou mauvaise idée ? La réponse honnête est : ça dépend. Ça dépend de là où vous en êtes, de ce dont vous avez besoin, et de la façon dont chaque professionnel positionne son travail. Dans les bonnes conditions, les deux se complètent puissamment. Dans les mauvaises, ils se gênent. Ce qui fait la différence, c’est la clarté sur ce que chacun fait, et la transparence avec les deux professionnels sur l’existence de l’autre accompagnement.

Conclusion

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FAQ : Coaching et thérapie

Est-ce que mon thérapeute doit donner son accord pour que je commence un coaching ?

Son accord n’est pas nécessaire au sens formel, mais son avis est précieux. Certains thérapeutes peuvent estimer que commencer un coaching en parallèle risque de disperser l’énergie ou de créer une confusion entre les deux processus. D’autres seront tout à fait favorables si les approches sont clairement distinctes. L’essentiel est d’en parler ouvertement avec lui. S’il est opposé sans raison claire, c’est aussi une information utile sur votre relation thérapeutique.

Non. Le coaching n’est pas conçu pour soigner. Il ne traite pas les traumatismes, la dépression, les troubles anxieux ou les pathologies psychologiques. Si vous avez besoin d’un suivi thérapeutique, le coaching ne peut pas s’y substituer. En revanche, pour quelqu’un de stable qui veut avancer, il peut être suffisant et très efficace sans thérapie en parallèle.

C’est une réalité financière à considérer. Une séance de thérapie avec un psychologue libéral coûte généralement entre 50 et 120 euros, partiellement remboursable selon les cas. Un coaching coûte entre 60 et 150 euros par séance. Faire les deux en même temps représente donc un investissement significatif. Si le budget est limité, il vaut mieux choisir en fonction de votre priorité du moment, et alterner si nécessaire.

Posez-vous cette question : est-ce que je cherche à soigner quelque chose, ou à construire quelque chose ? Si vous traversez une souffrance psychologique, un traumatisme ou une détresse intense, le thérapeute est prioritaire. Si vous êtes stable et cherchez à avancer vers un objectif, le coaching est adapté. En cas de doute, un premier échange avec les deux peut vous aider à vous orienter. Mon RDV Clarification offert est précisément là pour ça : voir ensemble ce dont vous avez besoin et si le coaching est la bonne réponse pour vous.

CTA Fin Article - Marika Pech
Et maintenant

Vous vous demandez si le coaching est adapté à votre situation ?

Que vous soyez en thérapie, en sortie de thérapie, ou que vous n'en ayez jamais fait, la bonne question est toujours la même : où en êtes-vous maintenant, et de quoi avez-vous besoin pour avancer ? Si vous vous posez cette question, je vous propose un premier échange pour faire le point ensemble.

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