Ce que j’avais perdu en suivant les règles de tout le monde – Témoignage de Mégane Meresse

Interview de Mégane Meresse sur l'intuition et le conditionnement
Il y a des parcours qui ressemblent à une réussite de l’extérieur. Un master, une carrière dans la recherche en santé publique, puis un poste stable dans l’éducation nationale. La sécurité, le rythme, le sens du service. Tout ce qu’on est supposé vouloir.Mégane Meresse a vécu ça. Et à 30 ans, elle s’est réveillée un matin avec une évidence qui faisait mal : elle ne vivait pas sa vie. Elle vivait une vie. Celle que les circonstances avaient construite autour d’elle, pendant qu’elle laissait faire sans trop de vagues.Ce témoignage, je l’ai recueilli dans un épisode de Naturellement Là. Mégane y parle du déconditionnement, de l’intuition étouffée, des signaux du corps qu’elle a longtemps ignorés, et des outils qu’elle a trouvés pour retrouver sa voix intérieure. Elle est aujourd’hui accompagnante en déconditionnement. Mais avant d’être celle qui accompagne, elle a d’abord dû se retrouver elle-même.

L'essentiel en 30 secondes

  • Mégane a suivi un parcours « logique » : statisticienne en santé publique, puis enseignante. Un chemin construit sur les opportunités, pas sur une direction choisie.
  • À 30 ans, une prise de conscience : elle vivait en pilote automatique. Les conditionnements avaient pris le dessus sur sa voix intérieure.
  • Son corps a fini par parler : malaises vagaux, fatigue profonde, petits accidents. Des signaux qu’elle a appris à déchiffrer.
  • Elle partage des outils concrets : l’écriture sans filtre, le dialogue face au miroir, parler à son cerveau avant de dormir.
  • Sa clé : distinguer intuition et peur. Deux voix très différentes dans le corps.

Ecoutez l'épisode

Un parcours construit sur les opportunités, pas sur une direction

Mégane le dit simplement : « j’étais bonne à l’école, alors j’ai suivi ce qui marchait. » Licence de maths appliquées, master, stage, poste de statisticienne à l’Observatoire Régional de la Santé. Des travaux sur le VIH et le cancer du sein. Beaucoup appris. Une réalité précaire.

Puis une grossesse. Et une petite voix, la première qu’elle mentionne dans notre échange : est-ce que tu veux vraiment que ton travail soit la priorité ? La réponse était non. Alors elle a passé le concours de professeur des écoles en candidat libre, l’a obtenu, est entrée dans la fonction publique. Pour avoir le rythme, la stabilité, le temps pour sa fille.

Sur le papier, c’est cohérent. Dans le corps, autre chose se passait. « J’avais l’impression qu’il y avait très peu d’élèves pour lesquels je me sentais vraiment utile. Je n’adhérais plus au système, au point de ne plus pouvoir y contribuer, même si je savais que je fonctionnais bien là-dedans. »

Ce décalage entre « ça marche » et « ce n’est pas juste », c’est souvent là que l’intuition tente de parler en premier. Pas par une certitude éclatante. Par un malaise diffus qui grossit.

Le déconditionnement à 30 ans

Le déconditionnement : se réveiller à 30 ans

Le déclencheur est arrivé à ses 30 ans. Pas un événement spectaculaire. Plutôt une évidence soudaine, comme si elle avait pris une grande bouffée d’air après avoir retenu sa respiration trop longtemps.

« Je me suis rendu compte que je ne vivais pas ma vie. Je vivais une vie. J’avais laissé la vie se présenter à moi, j’avais surfé sans faire trop de vagues. J’entretenais une paix illusoire. En tout cas, ce n’était vraiment pas paisible à l’intérieur. »

Pour elle, le déconditionnement, c’est ce chemin courageux qui consiste à découvrir qui on est, à le reconnaître, puis à l’exprimer. En pelant les couches, comme un oignon. Les conditionnements les plus larges d’abord, ceux de la société, du système scolaire, du monde du travail. Puis ceux qui ramènent à l’enfance, à la dynamique familiale, parfois même au transgénérationnel.

Ce qui rend ce chemin difficile, c’est qu’il demande d’abord de voir ce qu’on ne voulait pas voir. Les liens basés sur la dette affective. Les situations où tout semblait fonctionner de l’extérieur, mais où rien n’était aligné à l’intérieur.

Quand le corps prend la parole

Mégane est directe sur ce point : quand elle n’écoute pas son intuition, c’est son corps qui finit par parler. Et il ne chuchote pas longtemps.

Des malaises vagaux avec perte de connaissance. Une fatigue profonde où même allongée, le système nerveux reste en alerte. Des petits accidents de voiture, sans séquelle, mais qu’elle ne prend pas à la légère.

« C’est la vie qui me dit : stop. Il y a quelque chose qui va pas, quelque chose que tu veux pas voir, que tu es en train de fuir. »

Ce qu’elle décrit rejoint quelque chose que j’observe souvent dans mon travail de coach : le corps est un canal de transmission de l’intuition, pas l’intuition elle-même. Il capte, il signale, il insiste. Jusqu’à ce qu’on écoute. Et plus on attend, plus il hausse la voix.

Ce qui est beau dans ce que raconte Mégane, c’est la gratitude qu’elle a développée envers ces signaux. Pas de la résignation. Une reconnaissance. Chaque fois que quelque chose arrive, elle prend le temps de chercher quel est le message derrière.

A retenir

Le corps n’est pas l’intuition. Il en est le vecteur. Malaises, fatigue, tensions : autant de signaux qui méritent d’être écoutés avant de devenir des cris.

Ses outils concrets pour créer de l’espace intérieur

Comment fait-on, concrètement, pour laisser l’intuition parler ? Mégane a partagé plusieurs pratiques qui rythment son quotidien.

Parler à son cerveau avant de dormir

Quand le mental tourne en boucle et que l’inquiétude empêche le repos, elle s’adresse directement à son cerveau : « J’ai compris qu’il y a quelque chose qui allait pas. Si tu veux que ça marche bien pour nous deux, il faut que tu me laisses me reposer. Tu peux te déconnecter pour la nuit. Demain, je pourrai t’écouter. »

Pas de l’ignorer. Pas de le combattre. Le rassurer. Travailler en équipe avec soi-même.

L’écriture sans filtre

Quand elle ne peut pas parler à quelqu’un, elle écrit. Sans censure, sans limite, sans peur du jugement. La colère, la rancœur, les scénarios catastrophes, tout sort. Aucun filtre.

« Faut sortir les choses. Les déposer quelque part, même si c’est à soi. Et après ça passe. Une fois que c’est sorti, je relis et je me dis : ah ouais, c’est plus d’actualité déjà. »

Ce qu’elle décrit, c’est la puissance d’externaliser ce qui circule à l’intérieur. L’écriture libère de l’espace. Et parfois, quand on relit quelques heures plus tard, l’humilité d’en rire doucement.

Le dialogue face au miroir

Elle se parle devant le miroir. Elle joue le dialogue avec une personne imaginaire. Elle va très loin dans des scénarios qui peut-être n’arriveront jamais. Et à chaque fois, elle réalise la même chose : elle est toujours là. Solide. Cohérente dans ce qu’elle veut. Ses intentions ne tremblent pas.

« Si y a que moi pour entendre, Ben y a que moi pour entendre. Et je m’écoute. »

Distinguer intuition et peur : un travail de toute une vie

Distinguer intuition et peur : un travail de toute une vie

C’est peut-être le moment le plus riche de notre échange. Mégane confesse qu’elle a longtemps confondu son intuition avec ses peurs. Et que cette confusion lui a coûté cher.

Elle décrit des situations où elle ressentait des incohérences dans une relation. Elle ne pouvait plus détourner le regard. Mais elle se demandait : est-ce de l’intuition, ou est-ce la peur de blesser, la peur du conflit, la peur que ce soit concret ?

« L’intuition et les peurs, ça peut se ressembler. Mais je pense que c’est pas la même réponse dans le corps. »

Ce qu’elle observe, et ce que je partage entièrement : l’intuition arrive sans qu’on la demande, calme, stable, souvent douce. La peur est bruyante, urgente, alimentée par un scénario qu’on est en train de se raconter ou par quelque chose déjà vécu.

Et la peur a aussi ses messages. Quand elle revient systématiquement dans les mêmes types de situations, c’est souvent le signe d’un conditionnement à explorer. Un chemin à creuser plutôt qu’à fuir.

Ce que son parcours dit de l’intuition

Mégane n’est pas venue dans cette conversation en experte de l’intuition. Elle est venue comme quelqu’un qui a dû la retrouver après l’avoir perdue. Et c’est peut-être ça qui rend son témoignage si précieux.

L’intuition ne disparait pas sous les conditionnements. Elle se tait. Elle attend. Et quand les couches commencent à tomber, quand on cesse de vivre selon les règles de tout le monde pour commencer à vivre selon les siennes, elle reprend progressivement sa place.

Ce qu’elle dit à ceux qui sont au début de ce chemin m’a touchée. Ce n’est pas un chemin facile. Il ne sera pas que douceur. Mais chaque obstacle surmonté, chaque erreur qui permet de mieux se comprendre, chaque conditionnement qui tombe, c’est un morceau de vie retrouvé. Et elle conclut avec quelque chose que j’aurais aimé dire moi-même :

« On va faire qu’ils se fatiguent en premier, les conditionnements. »

Qui est Mégane Meresse ?

À propos de Mégane Meresse

Mégane Meresse se définit comme une accompagnante en déconditionnement. Ses outils principaux sont le Human Design et la lecture des mémoires akashiques, de puissants outils de reconnexion à soi, ce Soi qui vibre derrière les peurs, les blocages et les conditionnements.

Son accompagnement va bien au-delà des outils : il vise une expérience plus authentique de la vie, une incarnation de plus en plus juste de qui nous sommes, afin de prendre notre place et de déployer notre magie unique.

« Quitte à vivre une vie, que ce soit vraiment la nôtre. Et qu’elle soit notre plus belle aventure ! »

Retrouvez Mégane sur https://laubedelame.com/

FAQ : intuition et conditionnement

Qu’est-ce que le déconditionnement ?

Le déconditionnement est le processus par lequel on prend conscience des croyances, comportements et réflexes hérités de notre environnement, éducation, système familial ou social, qui ne nous appartiennent pas vraiment. Il s’agit de les identifier, de les questionner, et de choisir consciemment ce qu’on veut garder ou laisser partir.
Les conditionnements créent du bruit intérieur : peurs répétitives, croyances limitantes, réactions automatiques. Ce bruit couvre la voix de l’intuition, qui est par nature douce et subtile. Plus les conditionnements sont présents, plus il faut d’espace intérieur pour laisser émerger ce qui vient vraiment de soi.
L’intuition arrive sans qu’on la demande, stable, calme, souvent accompagnée d’une certitude douce. La peur est bruyante, urgente, alimentée par un scénario mental ou une expérience passée. Dans le corps, elles ne produisent pas la même sensation : l’intuition apporte plutôt de la clarté, même inconfortable, tandis que la peur génère de l’agitation. La distinction s’affine avec la pratique et l’observation.
Le Human Design est un système de connaissance de soi qui combine astrologie, centres énergétiques des chakras et génétique. Il propose une « carte » unique de chaque individu, décrivant ses forces, sa manière de prendre des décisions et ses conditionnements potentiels. Il est utilisé comme outil de reconnexion à soi.

Commencer par observer les signaux du corps : qu’est-ce qui génère de la légèreté, de l’oppression, de la clarté ou du malaise ? Créer ensuite de l’espace intérieur : écriture, silence, ralentissement du débit mental. Et commencer sur des petites choses du quotidien, plutôt que d’attendre une grande décision pour s’y exercer.

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Cet article est le prolongement de l’épisode de Naturellement Là avec Mégane Meresse. Écoutez l’interview complète sur Spotify ou Youtube. Si vous souhaitez explorer votre propre intuition avec un accompagnement, contactez-moi.

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