Depuis plusieurs mois, je m’intéresse profondément à l’intuition. Entre lectures, podcasts, études scientifiques et expérimentations personnelles, une évidence s’impose : nous utilisons souvent le mot intuition pour désigner des phénomènes très différents.
Scientifiques, psychologues, coachs et intuitifs parlent d’intuition, mais pas toujours de la même chose. C’est cette confusion sur l’intuition qui crée des malentendus et qui peut nous faire passer à côté de ce que j’appelle la véritable intuition.
Ma définition de l’intuition
Pour moi, l’intuition est une perception spontanée, immédiate et hors raisonnement ou raccourci mental. C’est une information subtile qui ne provient pas d’un enchaînement logique.
L’Institut français IRIS, spécialisé dans l’intuition, met en garde contre une confusion fréquente : beaucoup d’auteurs et chercheurs appellent intuition ce qui relève en réalité du raisonnement inconscient. Ce dernier est une prise de décision rapide fondée sur des observations, souvenirs et connaissances, mais ce n’est pas de l’intuition véritable.
3 confusions courantes sur l’intuition
Confusion n°1 : le cerveau sait avant la conscience
Dans l’étude de 1965 menée par Eckhard Hess sur la dilatation pupillaire, le corps réagit à des stimuli émotionnels avant que la conscience n’intervienne. Ces réactions automatiques ne sont pas de l’intuition : elles traduisent une réponse inconsciente à un stimulus déjà existant.
Confusion n°2 : les décisions éclair de l’expert
Gary Klein a étudié comment les experts prennent des décisions rapides en situation d’urgence. Leur réaction instantanée repose sur la reconnaissance de schémas connus et l’expérience passée. Bien que cela semble intuitif, c’est en réalité un raisonnement inconscient basé sur l’expertise, pas une perception intuitive spontanée.
Confusion n°3 : les réactions automatiques du cerveau
Daniel Kahneman, dans Thinking, Fast and Slow, décrit les réactions rapides du Système 1 comme intuition. Ces réponses immédiates découlent de mémorisations implicites et d’heuristiques. Elles relèvent d’un traitement cognitif automatique et non de l’intuition véritable.
D’ailleurs, je traite de ce sujet passionnant dans mon épisode 13 « Biais cognitifs et intuition : quand votre cerveau vous joue des tours« .
5 exemples pour distinguer intuition et raisonnement inconscient
- Vous voyez une femme entrer en réunion et percevez qu’elle est énervée → raisonnement inconscient (expression, posture, micro-tensions)
- Avant qu’une femme n’arrive, vous sentez son énervement → intuition
- Vous devinez qu’un collègue ne dira pas oui → raisonnement (vous connaissez son caractère)
- Vous sentez un “non” avant même d’appeler un prospect inconnu → intuition
- Vous sentez de route sans savoir pourquoi et évitez un embouteillage → intuition
Ces exemples montrent à quel point la confusion sur l’intuition peut être facile.
Conclusion : il n’y a pas de vérité absolue
La véritable intuition ne dépend pas de l’expérience ou de raccourcis mentaux. Elle est immédiate, subtile, hors raisonnement. Comprendre cette distinction est essentiel pour explorer et développer son intuition authentique.
Il n’y a pas de vérité absolue sur ce qu’est l’intuition. Ce que je vous ai partagé aujourd’hui, c’est ma compréhension actuelle, fruit de mon exploration, de mes lectures et de mon vécu. Cette vision continuera probablement d’évoluer.
Et vous, quelle est votre définition de l’intuition ? Comment la percevez-vous dans votre vie ?
Partagez votre expérience en commentaire ou sous l’épisode Spotify ou Youtube, c’est toujours enrichissant de découvrir d’autres perspectives.




